
Il fut un temps, terrible règne, où Celtic Frost siégeait sur le trône malfaisant du métal extrême. Chacun de ses exploits/disques guerriers ne manquaient pas de faire naître la noire vocation parmi ses jeunes et prometteurs sujets. Des disciples enflammés par un métal qui n’hésitait pas à creuser dans les funestes décombres du punk, et par cette voix belliqueuse semblant être le vecteur du Monarque souterrain et de ses prophéties. Ce dernier l’a même convié au sein du Pandemonium en 1987, juste avant que l’interminable traversée du désert ne débute. Le pouvoir alors laissé vacant par le glam Cold Lake aura raison de Celtic Frost face aux jeunes loups norvégiens aux dents longues, et ce malgré le léger sursaut d’orgueil Vanity/Nemesis. Mais tel un Lazare inversé, le groupe renaît en 2003 en pleine gestation d’un Monotheist qui sortira trois ans plus tard. Un album revenant de l’au-delà/split qui fait paraître Celtic Frost encore plus sombre et puissant qu’il ne l’a jamais été, comme s’il avait réussi au bout du compte à transcender le chaos dont il fût frappé
Monotheist est donc un disque très travaillé. Mais c’est en réalité un disque "pensé". En témoigne le triptyque de fin de parcours dans lequel l'effroyable incantation de Tottengott nous mène logiquement aux portes de la Synagoga Satanae, cet infernal purgatoire. Un morceau de bravoure de 14 minutes à l’introduction rituelle, aux riffs sans merci, le tout obéissant au prêche fédérateur de Tom Fisher et de son fils spirituel Satyr (Satyricon). Le périple se clôt enfin sur un Winter (Requiem) aux cordes glacées et désabusées, legs d’un Celtic Frost toujours aussi sensible aux sonorités classiques qu’il aimait déjà placer dans les 80’s. En outre, la musique fait véritablement corps avec des textes réfléchis, tantôt inspirés par la mort de Dieu de la philosophie nietzschéenne et son impact sur l’Homme, tantôt par l’occultisme des travaux d’Aleister Crowley, ou encore par le flou historique de l’émergence du christianisme. Une remise en question profonde de nos croyances (ou du moins d’une métaphysique) qui s’incarne dans l’artwork même de l’album avec ce visage régulier de la spiritualité, aux yeux perçants, mais dont la bouche est fatalement tuméfiée.
Celtic Frost - Jewel Throne
Celtic Frost- Domain of Decay
Morbid Tales (CD - 1984 )
To Mega Therion (CD - 1985 )
Into The Pandemonium (CD - 1987 )
Celtic Frost - Tankard (Split - 1988 )
Cold Lake (CD - 1989 )
Vanity - Nemesis (CD - 1990 )
Parched With Thirst Am I And Dying (1984-1992)
(Compilation - 1992 )
Are You Morbid? (The Best Of)
Compilation - 2003 )
Monotheist (CD - 2006 )
par http://www.metalorgie.com